Le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports du Québec (MTMDET) réalise, à la demande du ministère de la Sécurité publique (MSP), la cartographie des zones exposées aux glissements de terrain. Les terrains qui peuvent être affectés par la propagation des débris de glissements fortement rétrogressifs couvrent de très grandes surfaces. Leur délimitation a donc une incidence majeure sur l’aménagement du territoire et sur l’utilisation des terrains déjà bâtis dans ces zones. Or, en raison de l’état limité des connaissances scientifiques sur cet aspect, l’approche cartographique actuelle repose sur une méthode empirique, relativement grossière et, par conséquent, « prudente ». L’intérêt d’améliorer nos connaissances dans ce domaine est de raffiner la délimitation du zonage lors de la cartographie, afin que le zonage ne soit pas trop contraignant, tout en demeurant sécuritaire. 

Les glissements fortement rétrogressifs sont présents en plusieurs endroits le long des Basses-Terres du Saint-Laurent ainsi qu’en Scandinavie. En effet, le Québec et la Norvège partagent un contexte géologique très similaire et font face aux mêmes types de problématiques, dont notamment les aléas liés aux glissements de terrain de très grande envergure pouvant atteindre des superficies de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés. Ce projet comporte un volet de coopération entre les experts du Québec et ceux de la Norvège, particulièrement avec le Norge Geotekniske Institutt (NGI), qui vise à favoriser les échanges d’expertise et l’avancement de la recherche afin d’améliorer nos connaissances sur la mobilité des débris des glissements fortement rétrogressifs. Cette connaissance accrue pourra par la suite être appliquée à raffiner des critères de cartographie des zones potentiellement exposées aux débris de tels glissements de terrain.

 L’objet de ce projet est d’étudier et de modéliser la propagation des débris de coulées argileuses. Dans un premier temps, l’étude se concentrera sur l’analyse des cas de coulées argileuses dont les débris se sont écoulés dans des espaces non confinés, afin de mieux comprendre la propagation des débris et de s’assurer que les modèles empiriques ou numériques, utilisés dans la pratique au Québec et en Norvège, ou ceux qui ont été développés dans l’étude antérieure à celle-ci soient utilisables. Par la suite, ces modèles empiriques ou numériques seront raffinés en fonction, par exemple, des paramètres géotechniques ou rhéologiques des matériaux. 

Pour la présente étude, trois différents axes de recherche seront développés :

1) caractérisation rhéologique et géotechnique des matériaux constitutifs des coulées argileuses; 

2) modélisation numérique des coulées argileuses;

3) applications cartographiques.